Autónomo ou SL : à partir de quel montant la société devient intéressante
Le seuil ne dépend pas seulement du chiffre d'affaires : il dépend surtout de ce que vous sortez du compte pour vivre. Ce que vous laissez dans la société est imposé à 19 % jusqu'à 50 000 € de bénéfice, puis à 21 %. Ce que vous vous versez passe, lui, par l'impôt sur le revenu.
L’Espagne continentale n’a pas de barème unique : chaque communauté autonome vote le sien. Le comparateur retient celui de Madrid, qui taxe moins que les Canaries sur chacune de ses tranches. Une autre région donnerait un autre résultat.
Une société nouvelle est imposée à 15 % sur ses deux premiers exercices bénéficiaires. Ensuite, et tant qu'elle gagne moins d'un million d'euros, elle relève du barème 2026 : 19 % jusqu'à 50 000 € de bénéfice, 21 % au-delà.
À ce niveau de chiffre d’affaires, les cotisations fixes du gérant et les frais comptables d’une SL absorbent l’écart de taux. Le régime autónomo reste plus simple et moins coûteux.
Estimation indicative, barèmes vérifiés le 23 août 2026. Elle ne tient pas compte des cas particuliers (associés multiples, apports en nature, activités réglementées). Notre méthode de calcul.
Les deux statuts, en clair
Autónomo, c'est le travailleur indépendant qui exerce en son nom propre. Il n'y a pas de société : vous et l'activité êtes une seule et même personne, y compris devant les dettes. C'est le statut de la grande majorité des Français qui s'installent aux Canaries.
SL, pour sociedad limitada, c'est une société à responsabilité limitée, l'équivalent espagnol de la SARL. Elle a son propre patrimoine, ses propres comptes et son propre impôt. Vous en êtes l'associé, et le plus souvent le gérant salarié.
Le choix ne se joue pas sur le chiffre d'affaires, contrairement à ce qu'on lit souvent. Il se joue sur ce que vous sortez du compte pour vivre. Tant que vous consommez presque tout ce que l'activité rapporte, la société n'apporte rien : l'argent est imposé deux fois, une fois dans la société, une fois en sortant. Elle devient intéressante quand vous laissez une part du bénéfice à l'intérieur, pour investir ou pour l'accumuler.
Ce que coûte vraiment une société
Le capital minimum n'est plus un obstacle : il est fixé à un euro. Mais tant qu'il n'atteint pas 3 000 €, deux règles s'appliquent. Il faut mettre de côté au moins 20 % du bénéfice chaque année, jusqu'à ce que la réserve et le capital réunis atteignent 3 000 €. Et si la société est liquidée sans pouvoir payer ses dettes, les associés répondent solidairement de la différence, dans la limite de ces 3 000 €. Autrement dit, la responsabilité limitée n'est complète qu'une fois ce montant constitué.
Le vrai coût est ailleurs : comptabilité en partie double, comptes annuels à déposer, procès-verbaux d'assemblée. C'est un budget de comptable plus élevé et du temps que vous ne facturez pas.
Ce que la société ne fait pas économiser
Beaucoup espèrent réduire leurs cotisations sociales en créant une société. Cela ne marche pas. Dès lors que vous dirigez la société et que vous en détenez le contrôle, la loi vous range dans le RETA, le régime des travailleurs indépendants, exactement comme un autónomo. Le contrôle est présumé dès que vos parts atteignent la moitié du capital. Vous cotisez donc au même endroit, avec une base minimale qui est simplement calculée autrement.
Bonne nouvelle en revanche : la tarifa plana, la cotisation réduite des débuts d'activité, n'est pas réservée aux autónomos classiques. Le texte l'ouvre aussi aux associés de sociétés de capitaux, aux conditions communes. Les conditions sont détaillées ici.
L'impôt, année par année
Une société nouvelle paie 15 % sur son premier exercice bénéficiaire et sur le suivant. Ensuite, et tant qu'elle gagne moins d'un million d'euros par an, elle relève du barème réduit : 19 % jusqu'à 50 000 € de bénéfice imposable, 21 % au-delà, pour les exercices ouverts en 2026. Ce barème baisse encore les années suivantes.
Un autónomo, lui, ne paie pas d'impôt sur les sociétés. Son bénéfice s'ajoute à ses revenus et passe par l'impôt sur le revenu, dont les tranches montent plus haut. C'est tout l'arbitrage : un taux fixe et modéré dans la société, contre un taux progressif chez la personne.
Sortir l'argent de la société coûte une deuxième fois. Les dividendes sont imposés de 19 à 27 % selon le montant. Un euro de bénéfice qui passe par la société puis par votre poche supporte donc deux prélèvements, là où le même euro gagné en autónomo n'en supporte qu'un.
Ce qui ne change pas entre les deux
Aux Canaries, vous facturez l'IGIC, la taxe sur la consommation propre à l'archipel, à 7 % au lieu des 21 % de TVA de la péninsule, quel que soit votre statut. Les déclarations trimestrielles existent dans les deux cas. Et l'inscription au registre des activités économiques ne dépend pas non plus de la forme choisie.
Enfin, rien n'oblige à trancher tout de suite. Commencer autónomo puis constituer une société quand les revenus le justifient est le chemin le plus fréquent, et le plus simple des deux : passer d'une société à un statut personnel demande de la liquider.
Ce que le calcul ne dit pas
Comptabilité en partie double, dépôt des comptes annuels, procès-verbaux d’assemblée. Le gestor prend le relais, mais les délais restent à votre charge.
Une société qui gagne moins d’un million d’euros paie 19 % sur ses premiers 50 000 € de bénéfice et 21 % au-delà, en 2026. Mais sortir cet argent en dividendes ajoute 19 à 27 %. L’avantage n’existe que si vous laissez une partie du bénéfice à l’intérieur.
Commencer autónomo puis constituer une SL reste courant, et fréquemment plus simple que l’inverse. Rien n’oblige à trancher la première année.
Avant de créer quoi que ce soit
La série d'emails reprend les démarches dans l'ordre, avec le calendrier des déclarations de la première année et les frais réels de constitution d'une SL.
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