La réduction résident : 75 % du billet, dès le jour du padrón
Vos premiers mois, chaque vol se paie plein tarif. Puis votre nom entre au registre de votre commune, et la même place vous coûte le quart. C'est 75 % de moins vers Madrid, et 75 % de moins pour aller voir Lanzarote un samedi. Un Français y a droit exactement comme son voisin espagnol. Reste à savoir sur quoi la remise porte vraiment.
Le padrón ouvre le droit, et lui seul
La loi nomme ceux qui peuvent en profiter, et la phrase est plus large qu'on ne le croit. Les Espagnols, oui. Mais aussi tous les ressortissants de l'Union, ceux de la Norvège, de l'Islande et du Liechtenstein, et les Suisses. Viennent ensuite les membres de leur famille venus d'ailleurs, et les résidents de longue durée.
Un passeport français suffit donc. Cette idée que la remise serait réservée aux nationaux traîne partout, et elle fait payer plein tarif des gens qui n'ont rien à payer de plus.
La deuxième condition tient en une ligne : être inscrit au padrón municipal d'une commune de l'archipel. Rien d'autre. S'inscrire au padrón est déjà le premier geste de l'installation, pour la santé comme pour l'école ; ce jour-là, vous gagnez aussi vos billets.
Aucun texte n'exige une durée de séjour préalable. Ni six mois, ni un an. Le droit existe le jour où la mairie vous inscrit, et il s'éteint le jour où vous en sortez. Ce qui compte est votre nom au registre au moment d'acheter, et au moment de partir.
Ce que vous gagnez, ligne par ligne
En l'air, c'est simple : 75 %, vers la péninsule comme entre les îles. Le taux vaut sur un trajet direct, aller simple ou aller-retour.
En mer, l'histoire est plus tordue, et personne ne l'explique. Vers la péninsule, l'État met bien 75 %. Entre les îles, il n'en met que 50. Le Gouvernement des Canaries ajoute alors 25 % de sa poche, par un texte à lui, qui prend soin de plafonner l'ensemble à 75 %. Vous arrivez au même endroit, mais par deux guichets.
Une ligne échappe à tout cela. Entre San Sebastián de La Gomera, Playa Santiago et Valle Gran Rey, l'archipel met 75 % à lui seul, pour que l'île vive.
Vol vers la péninsule
Sur un trajet direct entre l'archipel et le reste du pays, aller simple ou aller-retour. Une escale ne casse rien sous douze heures.
Vol entre les îles
Même taux qu'avec la péninsule. C'est ce qui rend un aller-retour Tenerife-Lanzarote pour le week-end si courant chez les gens d'ici.
Ferry vers la péninsule
Même règle des douze heures d'escale. Plusieurs remises de l'État peuvent se cumuler, famille nombreuse comprise. Le total ne dépasse alors jamais 85 %.
Ferry entre les îles
L'État ne met que 50 % en mer entre les îles. Le Gouvernement des Canaries ajoute 25 % par son propre texte, qui plafonne lui-même l'ensemble à 75 %.
La Gomera, ligne intérieure
San Sebastián de La Gomera vers Playa Santiago et Valle Gran Rey. Le Gouvernement des Canaries y met 75 % à lui seul, pour désenclaver l'île.
Votre voiture sur le ferry
La remise porte sur votre passage à vous. Le véhicule que vous embarquez se paie plein tarif, et beaucoup s'en aperçoivent au moment de payer.
Un mot sur l'escale, parce qu'elle décide parfois du prix. Un trajet reste direct s'il n'y a pas d'arrêt, ou si l'arrêt dure moins de douze heures. Au-delà, vous n'avez plus un voyage mais deux.
Le prouver au moment de réserver
Bonne nouvelle d'abord : on ne vous demande rien avant la toute fin de l'achat. La loi l'impose, quel que soit le canal de vente. Vous comparez les prix comme tout le monde, et la question de la résidence arrive juste avant de payer.
Ce qu'on vous réclame ensuite tient en deux pièces. Votre carte d'identité ou votre passeport en cours de validité, pour dire qui vous êtes. Et un certificat d'empadronamiento en vigueur, pour dire où vous vivez. Le certificat délivré par la mairie vaut six mois.
Le plus souvent, vous ne sortirez ni l'un ni l'autre. Les compagnies sont obligées d'être branchées au système de vérification en ligne, sur tous leurs canaux de vente. Quand la machine vous reconnaît, la loi vous dispense de prouver votre résidence à l'enregistrement comme à l'embarquement.
Quand elle ne vous reconnaît pas, le billet électronique se retourne contre vous. Vous devez alors prouver votre résidence au comptoir, avant de passer, même avec la carte d'embarquement déjà sur votre téléphone. Si le nom du billet ne correspond pas au vôtre, ou si vous n'avez rien à montrer, vous ne partez pas avec ce titre.
Deux conseils de gens d'ici. Gardez un certificat récent en photo dans votre téléphone. Et si vous n'avez pas encore de numéro d'étranger, le NIE se demande avant tout le reste : il vous suivra dans chaque réservation.
Ce que la remise ne paie pas
Voilà où les 75 % rétrécissent, et où l'écart entre l'annonce et la note se creuse.
En l'air, on retire d'abord du prix les redevances de l'aéroport : le contrôle des passagers et des bagages, la mise à disposition des installations, l'aide aux personnes à mobilité réduite. La loi les nomme une par une. La remise s'applique à ce qui reste. Les frais d'émission de la compagnie sont hors du calcul, et une réémission ne bénéficie d'aucune remise.
En mer, le Gouvernement des Canaries écrit la même chose pour les frais de gestion et les taxes. Il ajoute une ligne que beaucoup découvrent au port : la voiture que vous embarquez n'est pas subventionnée. Sur une traversée en famille, la part pleine peut dépasser le passage.
Reste le point qui touche le plus un Français. Un titre de transport qui contient un trajet hors du territoire espagnol perd la remise en entier. Tenerife-Paris d'une traite, c'est plein tarif. Tenerife-Madrid acheté comme un voyage intérieur, c'est le quart, et la correspondance vers la France est votre affaire.
La remise se cumule avec celle des familles nombreuses. En mer, la loi coupe court : quand plusieurs remises de l'État tombent sur un même trajet, le total ne peut jamais dépasser 85 %.
Un dernier réflexe utile. Vos vols intérieurs vont devenir bon marché, mais votre budget mensuel ne se joue pas là : le loyer et les courses pèsent bien davantage.
Pièges fréquents
Croire qu'il faut le passeport espagnol
C'est l'erreur la plus répandue, et elle coûte cher pendant des mois. La loi vise les Espagnols. Dans la même phrase, elle vise tous les ressortissants de l'Union, de l'Espace économique européen et de la Suisse. Un Français inscrit au padrón paie le même quart que son voisin.
Réserver la veille de son inscription
Le droit naît de l'inscription, pas de la présence. Tant que la mairie ne vous a pas inscrit, un vol acheté est un vol plein tarif, et personne ne vous remboursera après coup.
Prendre un billet unique jusqu'en France
Un titre de transport qui contient un trajet hors du territoire espagnol n'ouvre droit à rien du tout. Le même voyage acheté en deux fois garde la remise sur la partie intérieure.
Attendre l'embarquement pour chercher ses papiers
Avec un billet électronique, il faut prouver sa résidence à l'enregistrement. Même si la carte d'embarquement est déjà sur le téléphone. Sans cette preuve, vous ne montez pas.
Compter les 75 % sur le prix affiché
On retire d'abord du prix les redevances d'aéroport. Sûreté, passager, aide aux personnes à mobilité réduite. La remise porte sur ce qui reste. Les frais d'émission n'y entrent pas non plus.
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Questions fréquentes
Un Français a-t-il droit à la réduction résident aux Canaries ?
Oui, au même titre qu'un Espagnol. La loi vise les Espagnols, les ressortissants des autres États de l'Union, ceux de l'Espace économique européen et de la Suisse. Elle vise aussi les membres de leur famille venus d'ailleurs, et les résidents de longue durée. Une seule condition s'ajoute : être inscrit au padrón d'une commune de l'archipel.
À partir de quand a-t-on droit à la réduction ?
Dès l'inscription au padrón. Aucun texte n'exige une durée de séjour préalable, ni six mois, ni un an. Ce qui compte est que votre nom figure au registre de votre commune le jour où vous achetez et le jour où vous voyagez.
Combien coûte un vol entre deux îles avec la réduction ?
Vous en payez le quart. Le taux est de 75 % entre les îles comme vers la péninsule. Mais il porte sur le seul tarif du transport. On en retire d'abord les redevances d'aéroport et les frais d'émission de la compagnie.
La réduction marche-t-elle sur un vol vers la France ?
Non. Elle ne vaut que sur le territoire espagnol, et un billet qui comporte un trajet à l'étranger perd la remise en entier. En revanche, la partie Canaries-Madrid ou Canaries-Barcelone achetée comme un voyage intérieur reste subventionnée, à charge pour vous d'assurer la correspondance.
Que faut-il présenter pour prouver sa résidence ?
Votre pièce d'identité ou votre passeport en cours de validité, plus un certificat d'empadronamiento en vigueur. Quand la vérification en ligne aboutit, la loi vous dispense de prouver votre résidence à l'enregistrement comme à l'embarquement : vous montrez seulement votre identité.
La réduction couvre-t-elle la voiture embarquée sur le ferry ?
Non. Le Gouvernement des Canaries écrit noir sur blanc que les véhicules transportés par le résident ne sont pas subventionnés. Les frais d'émission ou de gestion non plus. Sur une traversée en famille avec la voiture, la part pleine peut dépasser le passage.